Serge Armel NJIDJOU

Ma vision de l’industrie en Afrique
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Ma vision de l’industrie en Afrique

Jan 12, 2024

L’Afrique est sous-industrialisée. C’est une vérité que les médias rappellent très souvent. Cependant, nous pouvons fabriquer sur place la plupart des biens et équipements que nous importons. Une façon de dire que nous importons abusivement, alors même que nous formons chaque année des dizaines de milliers d’ingénieurs, toutes spécialités confondues.

L’on ne saurait développer l’industrie en Afrique avec des normes venues d’ailleurs. Car, en la matière, il n’y a pas de neutralité. Les Européens, Américains et Asiatiques adoptent des normes qui correspondent à leurs contextes et à leurs niveaux technologiques respectifs. Les normes africaines devraient donc être en faveur de la production locale.

Plutôt que d’imaginer de gigantesques complexes industriels réputés gourmands en matière foncière et en capitaux, pour ne citer que ces deux aspects, l’industrie africaine devrait privilégier un autre modèle dans le but d’aller vite. J’ai une préférence pour de petits ateliers de fabrication, disséminés dans plusieurs pôles et qui travaillent de façon complémentaire. Ils ont la particularité d’exiger moins de capitaux et moins d’espaces. Leur démarrage est donc plus facile qu’avec les immenses complexes industriels.

À titre d’illustration, avec AUI Techno, dont je suis le co-fondateur et manager, nous avons choisi, pour ce qui est du Cameroun, d’avoir des ateliers qui travaillent en réseaux. Ils sont situés à Yaoundé, Douala et Bafoussam. L’objectif est d’en avoir dans tous les dix chefs-lieux de région. Au plan continental, plutôt que de produire au Cameroun pour exporter vers les autres pays, notre stratégie consiste à créer un atelier de production dans chacun des quinze pays ciblés, afin d’avoir la capacité de délivrer le service après-vente et de composer avec les compétences locales.

Enfin, au-delà des facilités de production et des incitations fiscales, les Etats africains devraient accompagner les industriels nationaux par la préférence nationale dans l’achat des biens et équipements quand il s’agit des dépenses publiques. Cela suppose que pour dépenser l’argent du contribuable en important des outils, chaque fonctionnaire devrait s’assurer que ledit outil n’est pas produit localement.

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À Kinshasa

À Yaoundé

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